Tendance de long terme – Urbanisation

L’urbanisation doit permettre de répondre aux besoins d’une population plus importante et plus dense au moyen de nouvelles infrastructures et de nouveaux emplois. Ce phénomène est récent au regard de l’histoire. En 1800, seulement 1 personne sur 10 vivaient en zone urbanisée. C’est seulement au cours du 19ème siècle que l’urbanisation s’est intensifiée aux Etats-Unis puis au Japon après la seconde guerre mondiale. Il aura finalement fallu attendre 2007 pour que plus de la majorité de la population mondiale devienne urbaine.La dynamique démographique nécessitera de nouveaux espaces urbains. En 2020, nous observerons le premier point d’inflexion de la population rurale. D’ici 2050, celle-ci devrait être réduite par 300 millions tandis que la population mondiale progressera de 2,5 milliards pour atteindre les 10 milliards d’humains sur Terre. Une dynamique qui sera pleinement concentrée dans les zones urbaines. 68% de la population mondiale vivra dans une zone urbaine d’ici trois décennies.


Mais cette tendance de long-terme sera polarisée et concentrée dans les économies émergentes. Les villes de nombreuses économies développées se videront notamment en Italie, en Espagne, en Allemagne et au Japon. Entre 2015 et 2025, une ville sur cinq dans les pays développés verront leur population diminuer en raison du vieillissement de leur population, de la baisse du taux de natalité et de la concurrence internationale des économies émergentes. Une dynamique qui fait écho, à plus grande échelle, au déclin de la Venise du 15ème siècle qui avait alors dû faire face à la concurrence des nouveaux Etats-nations et au basculement du cœur de l’activité mondiale de la Méditerranée vers l’Atlantique.


Il aura fallu un millénaire pour que le centre de gravité de l’économie mondiale retrouve l’Asie occidentale. Par conséquent, l’urbanisation dans les pays émergents va croître exponentiellement et le nombre de villes augmenter. D’ici à 2025, parmi les 600 plus grandes villes du monde, 440 appartiendront aux pays émergents. Celles-ci concentreront la moitié de la richesse mondiale et plus de 10 billions de dollars d’investissement supplémentaires ces 5 prochaines années, ce qui représente 0,2 point de croissance mondiale par an ! Auxquels il convient d’ajouter la forte hausse des dépenses de consommation puisque 60% des nouveaux consommateurs, soit 1 milliard d’humains, résideront dorénavant dans ces 440 villes.


Le lien entre urbanisation et prospérité économique est historiquement observé. Les pays dont la richesse est supérieure à la moyenne sont les plus urbanisés au monde. Doubler la population d’une ville permet en moyenne d’en augmenter les salaires, les revenus et le PIB de 15%. Par ailleurs, son caractère inclusif est indispensable pour ne pas renforcer les déséquilibres sociaux et économiques. L’urbanisation devrait ainsi prioriser les zones à proximité des nouveaux emplois, se développer par une approche locale avec les autorités et les citoyens, et s’appuyer sur les avancées technologiques pour favoriser des villes plus connectées et moins consommatrices d’énergie. Plus de 80 000 milliards de mètres cubes d’eau supplémentaires seront ainsi mobilisés ces 10 prochaines années ! Dit autrement, l’approche qualitative et éco-responsable de l’urbanisation répondra aux défis démographiques, à sa durabilité et son inclusivité – trois axes de développement stratégiques déjà inscrits dans les objectifs de développement des Nations Unies.

Taux d’urbanisation et PIB par tête en USD, par pays

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