1 | Nomination de l’ancien Président de la BCE. Mario Dragui devient Premier Ministre de l’Italie

2 | Monétisation des finances publiques. Le déficit budgétaire devient un enjeu de second ordre

3 | Politisation des banquiers centraux. La priorité sera donnée à des politiques de relance plus inclusives

  • Janet Yellen et Mario Draghi sont de retour aux affaires. Moins de trois ans après avoir cédés les clés de la Réserve Fédérale Américaine et de la Banque Centrale Européenne, ces derniers sont désormais Secrétaire au Trésor Américain et Premier Ministre de l’Italie. Le mélange des genres entre autorités monétaires et politiques est nouveau. La nomination de Christine Lagarde à la Présidence de la BCE en 2019 accentuait déjà l’immersion du politique à des postes traditionnellement réservés à des économistes. L’inverse est désormais observé avec Mario Draghi comme premier ministre de l’Italie, du jamais vu !   
  • L’ère de la monétisation devient celle des banquiers centraux en politique. En une décennie, Janet Yellen et Mario Draghi ont mis fin à l’orthodoxie des banquiers centraux, fondée sur la stabilité des prix comme seul mantra, en généralisant des taux d’intérêt nuls voire négatifs et en imposant la politique monétaire non-conventionnelle comme la nouvelle norme. La priorité donnée à la stabilité financière justifie des rachats d’actifs permanents qui rendent les dettes publiques perpétuelles. De fait, Mario Draghi et Janet Yellen bénéficieront de conditions financières qu’ils ont eux-mêmes créées pour stabiliser et relancer leur économie. Ils entameront ainsi des réformes structurelles pour corriger les inégalités et redresser le potentiel de leur économie. Pour y parvenir, ils disposeront de moyens financiers significatifs en raison des prochains plans budgétaires américains (1900 milliards de dollars) et européens (220 milliards d’euros pour l’Italie).
  • Il en résultera un nouveau dogme budgétaire. Les banquiers centraux prennent le pouvoir dans les institutions monétaires, budgétaires et désormais au sein de l’exécutif. Le débat de l’indépendance des banques centrales est déjà loin. Nous assistons au remake des années 30 où le mouvement technocratique avait accompagné le New Deal américain pour faire émerger une économie plus inclusive et une société moins polarisée. Les banquiers centraux s’affirment ainsi comme l’alternative privilégiée face à l’érosion des partis politiques traditionnels et comme une réponse aux revendications sociales. L’histoire était déjà écrite dans la route de la servitude de l’économiste libéral Friedrich Von Hayek: « Il serait un mauvais économiste, celui qui ne serait qu’économiste ». Le Monde Post-Covid est ainsi fait. Whatever it takes.

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Arthur Jurus
Chef économiste
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