1 | La Suisse accusée de manipuler sa monnaie
Les 120 milliards de francs injectés en 2020 par la BNS auront finalement convaincu le Trésor américain

2 | La stratégie monétaire restera inchangée
La BNS continuera de lutter contre l’appréciation structurelle de sa monnaie

3 | Une annonce peu pénalisante pour la Suisse
Le processus de négociation de l’accord de libre-échange entre la Suisse et les Etats-Unis se poursuivra  

  • Quel est le point commun entre le Vietnam et la Suisse ? Ils sont désormais admissibles sur la liste des manipulateurs de devises du Trésor Américain! Pour cela, trois critères devaient être satisfaits : (i) un excédent des comptes courants (balance des biens et services, des transferts et des revenus) supérieur à 2% du PIB, (ii) des interventions de change qui excédent ce même niveau et (iii) un surplus commercial avec les Etats-Unis qui dépasse les 20 milliards de dollars de marchandises. L’économie suisse présente ainsi un excèdent des comptes courants de 8,8% de son PIB, un excédent commercial avec les États-Unis de 49 milliards de dollars et des interventions de change de 120 milliards de francs en 2020 soit 15% de son PIB.
  • Et cela ne changera pas. Thomas Jordan, Président de la Banque Nationale Suisse, a précisé ce jeudi que la stratégie de politique monétaire se poursuivra afin de limiter l’appréciation du Franc pour lutter contre les pressions déflationnistes. La monnaie suisse est recherchée en période d’incertitude et alors que les rachats d’actifs de la FED et de la BCE se poursuivent. Malgré ces interventions, le dollar américain s’est déprécié de 9% en 2020 contre le CHF. Depuis 2010, le doublement des exportations suisses vers les Etats-Unis n’est donc pas le fruit d’une stratégie de compétitivité-coût mais d’une spécialisation sectorielle forte. Plus de 55% de ces exportations sont ainsi expliquées par les produits pharmaceutiques et les équipements médicaux, soit plus de 3% de notre PIB! C’est ainsi plus du tiers du chiffre d’affaire des actions suisses du SMI qui est réalisé outre-Atlantique. C’est surtout un excédent commercial qui justifie le renforcement du franc et imposera à la Banque Nationale Suisse d’intervenir structurellement sur le marché des changes.
  • Dès lors, quels sont les risques associés à cette liste noire? Les économies considérées comme manipulatrices de devises s’exposent à une hausse des tarifs douaniers. Néanmoins, il semble peu probable que de telles sanctions soient appliquées en raison (i) du niveau déjà élevé des prix des médicaments aux Etats-Unis – leur baisse est l’une des priorités de Joe Biden, et (ii) de la volonté de sa prochaine administration de limiter les tensions commerciales ou de les résoudre par une approche plus multilatérale. Dans le cas le moins favorable, ces annonces politiques offriraient un avantage aux américains pour aboutir plus rapidement à l’accord de libre-échange avec la Suisse. Avec à la clé, plus de 14 000 nouvelles créations d’emploi en Suisse.

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Arthur Jurus
Chef économiste
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