1 | Nouveaux plans budgétaires
3000 milliards de dépenses supplémentaires seront discutés ces prochaines semaines

2 | Omniprésence du gouvernement
Le déficit fédéral n’est plus un enjeu politique

3 | Nouveau paradigme aux Etats-Unis
La hausse de la fiscalité sur les entreprises acterait définitivement le retour du «Big Government» 

  • Quel est le second livre le plus influent du 20ème siècle selon les américains, après la Bible? « La Grève » d’Ayn Rand de 1957. Un ouvrage soutenant que le gouvernement devrait se restreindre à l’exercice de ses fonctions régaliennes. Quel rapport avec 2021 ? Plus de soixante ans après sa publication, son influence sur la politique et la culture économique américaine a probablement pris fin cette semaine avec le nouveau plan Biden. Ce dernier souhaite dépenser 2250 milliards de dollars additionnels ces 8 prochaines années, soit 1,3 point de PIB par an. Le premier tiers serait consacré aux infrastructures de transport, le second tiers à l’industrie, aux logements et aux réseaux de communications, et le dernier tiers aux soins à domicile. Comme le plus n’est jamais assez, un nouveau plan de 1000 milliards consacré aux familles américaines sera prochainement annoncé. Soixante ans après le programme de « Grande Société » du Président Johnson, le « Big Governement » est de retour.
  • L’interventionnisme de l’administration américaine réagit à l’évolution de la demande politique. L’électeur médian américain priorise dorénavant les politiques sociales et le renforcement des services publics. Ni républicains, ni démocrates ne s’y opposent. Depuis l’an dernier, les plans de stabilisation sont devenus bipartisans. Le momentum politique aux États-Unis est autant en avance sur le reste du monde, que ne le sera sa reprise économique. L’abandon du laisser-faire signifie le passage du Consensus de Washington vers le Consensus de Buenos Aires, davantage porté vers le volontarisme étatique et le creusement du déficit fédéral qui n’est plus un enjeu politique – seulement 3% des américains s’en préoccupent. Et cette tendance est probable de s’internationaliser.
  • Quelles implications pour l’investisseur? D’une part, le plan n’améliorera pas l’économie sur le long-terme. Les dépenses en infrastructures visent à rattraper un retard, pas à améliorer leur compétitivité. Ainsi, le stimulus monétaire restera important. La monétisation est cause-acquise jusqu’à l’obtention du plein-emploi, et la stimulation de l’offre après celle de la demande limitera l’inflation. D’autre part, un déficit fédéral élevé n’affecte pas le dollar, en hausse de 7% face au Franc en 2021. Enfin, une hausse progressive de la fiscalité sur les bénéfices des entreprises est possible. Celle-ci serait compensée par l’extension des dispositifs de déduction fiscale, ce qui affecterait moins fortement la croissance des bénéfices. Néanmoins, une telle décision acterait le nouveau paradigme du « Big government », après 4 décennies de révolution conservatrice, et à 18 mois des élections de mi-mandat.

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Arthur Jurus
Chef économiste
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